GESTE

Economie de la donnée dans les médias – 14 novembre

A l’occasion de cette première session, nos intervenants ont accepté de partager avec le GESTE leur expérience, la stratégie de leur structure ainsi que leur vision quant à la place centrale qu’occupe désormais la donnée dans l’économie des médias.

 

QUELLE STRATEGIE INDUSTRIELLE POUR LES MEDIAS AU NIVEAU EUROPEEN ?

 

Etonnamment la prise de conscience au niveau européen de l’importance du secteur des médias d’un point de vue économique, politique, démocratique et culturel est assez récente.  

Pendant longtemps, la culture et les médias évoluaient naturellement dans des espaces publics nationaux, avec des protections locales particulières. La numérisation, internet et les plateformes ont changé la donne et ont contribué à  cette prise de conscience récente.  

Afin de lutter contre l’hégémonie et la surpuissance des GAFA, il est devenu primordial de développer une stratégie européenne en matière de big data, d’intelligence artificielle et d’innovation pour le secteur de médias. 

Plusieurs projets industriels ont été lancés : 

 

 

Selon le constat fait par Guillaume Klossa, le secteur des médias connaît une transformation radicale liée à plusieurs facteurs :

 

Le secteur des médias ne doit pas être négligé ou délaissé. Il est un des premiers à être touché par la concurrence des GAFA, mais c’est également un secteur qui a une capacité d’accélération pour l’ensemble de la société, car c’est un secteur très visible. 

Guillaume Klossa énonce plusieurs recommandations :

 

Accéder au rapport « Towards European Media Sovereignty » de Guillaume Klossa

 

COMMENT REUSSIR LA MISE EN PLACE DE PROJETS COMMUNS MALGRE LES OBSTACLES APPARENTS ?
(protection des données, concurrence, cultures d’entreprises différentes …) L’exemple de Gravity.

 

Qu’est-ce que Gravity ? « L’alliance Gravity Data Media a pour ambition de rendre actionnable aux agences et annonceurs l’ensemble des données transactionnelles, navigationnelles et CRM du marché des éditeurs français. Singulière, notre alliance rassemble largement des éditeurs de natures différentes : télécoms, media, e-commerce et services. Nous sommes ainsi en mesure de construire une donnée abondante, précise et granulaire. Nous collectons et unifions 2 milliards d’événements chaque mois, alimentant 2 000 segments de ciblage publicitaires pour optimiser la performance des campagnes de nos clients. Nous réunissons plus de 150 sites et applications pour garantir un contexte de diffusion transparent, rassurant et valorisant. »  Accéder au site de Gravity 

Du point de vue de la concurrence, l’initiative a été bien accueillie par l’Autorité voire encouragée compte tenu de l’hégémonie de Google et Facebook sur le marché publicitaire (dominé à 80 % par ces deux acteurs captant presque 100 % de la croissance). Par ailleurs les acteurs membres de l’Alliance Gravity savent travailler en bonne intelligence et ont déjà démontré qu’ils pouvaient se regrouper autour d’initiatives communes par le passé (Médiasquare). 

La mutualisation facilite le développement des projets basés sur l’intelligence artificielle grâce à un volume de données plus important et pertinent et permet ainsi la création de nouveaux de nouveaux produits pour le marché publicitaire.

 

QUID DU SECTEUR DE L’AUDIOVISUEL ET DES SOLUTIONS REGLEMENTAIRES ?

 

 

 

 

 

 

QUELLE IMPLICATION DU GOUVERNEMENT ?

 

La transformation numérique et les nouveaux besoins se font ressentir au sein même des ministères où de nouvelles fonctions et de nouveaux services voient le jour. A Bercy au sein de la DGE, un service est désormais dédié à la transformation numérique de l’économie,  à la numérisation et aux technologies de ruptures (IA, blockchain …). 

Cela est le reflet de la volonté du gouvernement de mettre en place une véritable stratégie industrielle et politique pour le numérique comme en témoigne par exemple le Rapport Villani sur l’Intelligence Artificielle ou encore les plans industriels sur la blockchain et sur le Cloud. 

L’accès à la donnée est primordial pour mettre en place un plan industriel efficace et pertinent notamment en matière d’IA. Non seulement les acteurs européens doivent disposer d’une base de données suffisamment fournie, mais il est tout aussi important que cette donnée soit partagée et mutualisée.  Il est donc essentiel d’encourager les acteurs européens à mettre en commun leurs actifs quelque soit le secteur (santé, énergie, mobilité, sécurité et défense mais aussi celui des médias) afin de développer une véritable stratégie européenne en la matière. 

D’un point de vue défensif, la DGE lutte contre les plateformes qui bénéficient d’un pouvoir de marché écrasant et encourage une prise de position au niveau européen. L’Europe doit exprimer une réponse structurée et ferme vis-à-vis de ces comportements prédateurs. 

Pour réguler ces plateformes, la DGE milite pour la mise en place de règles simples et claires au niveau Européen : portabilité des données, interopérabilité des services, transparence des algorithmes … Il en va de la survie des filières sectorielles et de la souveraineté des Etats. 

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